Il y a 150 ans, le 2 mai 1857, décédait le poète Musset. Où était-il inhumé ? Au Père-Lachaise bien sûr. Un cimetière parisien où l'on se retrouve entre gens de bonne compagnie. Zoom sur ce lieu de repos de 44 hectares, qui constitue, avec ses 5 300 arbres, le plus grand parc de Paris intra muros.
Les morts boudent le cimetière
En 1804, au tout début du premier Empire, sont créés par le préfet Frochot trois nouveaux cimetières parisiens : un à l'Est (le Père-Lachaise), un au Sud (Montparnasse), un au Nord (Montmartre), tous trois en dehors des limites de la capitale d'alors (ils n'en feront partie qu'en 1860, lorsque Paris élargira sa superficie en absorbant les communes limitrophes).
Même s'il est le plus vaste, le cimetière du Père-Lachaise est au début boudé par les Parisiens. Trop neuf, trop éloigné des beaux quartiers peut-être… Les douze premières années, il ne réussit guère à attirer qu'un total de 2 000 défunts (contre un million aujourd'hui
Tueries dans un lieu de recueillement
Le Père-Lachaise connaît deux événements tragiques : les derniers combats de la bataille de Paris de 1814, lors de la chute du premier Empire et la Commune de 1871.
En 1814, les élèves des Écoles militaires de Polytechnique et d'Alfort se réfugient derrière le mur du cimetière pour tenter d'interdire Paris aux troupes russes qui s'approchent. Mais ils y sont massacrés et l'ennemi bivouaque au milieu des tombes...
En 1871, la capitale s'est insurgée. C'est dans le cimetière où ils se sont réfugiés qu'une partie des Communards ou Fédérés est fusillée par les troupes de Thiers venus rétablir l'ordre. Un ordre définitif. Plus d'un millier de révoltés y trouveront leur dernière demeure, dans une fosse creusée près d'un mur qui porte, aujourd'hui encore, le nom de mur des Fédérés.
Les cendres parisiennes
À Paris, les incinérations ne peuvent avoir lieu qu'au Père-Lachaise et seulement depuis 1889. Depuis 1986, une pelouse bordée d'arbres tout le long d'un des murs du cimetière (du côté de la rue des Rondeaux) recueille les cendres des défunts qui n'ont pas été conservées par les familles ou déposées au colombarium. On appelle cette allée paisible le "jardin du souvenir"
.Les morts les plus célèbres
Il y a tant de célébrités inhumées au Père-Lachaise désormais que le cimetière est l'un des sites parisiens les plus visités aujourd'hui. On y trouve les premières gloires évoquées, celles qui ont permis au cimetière de prendre son envol (Molière, La Fontaine, Héloïse et Abélard), mais aussi : les poètes Musset, Apollinaire ou Nerval, l'homme de science Arago, les romanciers Balzac, Colette, Proust, Daudet, Radiguet, Vallès, Courteline, les présidents de la République Félix Faure et Adolphe Thiers, le préfet Haussmann qui donna à Paris son nouveau visage sous le second Empire, le compositeur Poulenc, le pianiste Chopin, le créateur du canal de Suez de Lesseps, les artistes Géricault, Ingres, Corot, Delacroix, Pissaro, David, Seurat, Modigliani, Daumier ou Doré, les humoristes Pierre Dac et Pierre Desproges, les acteurs Sarah Bernhardt, Simone Signoret, Pierre Brasseur ou Talma, l'égyptologue Champollion, l'homme politique Raspail, le gastronome Brillat-Savarin, les maréchaux de France Masséna, Kellerman, Murat, Ney, le photographe Nadar, les chanteurs Édith Piaf ou Jim Morrison… et tant d'autres encore qu'il est impossible de les citer tous
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Un lieu de prières et de visites
La première chapelle funéraire familiale a été construite en 1815 au Père-Lachaise par la famille Greffulhe. Depuis cette date se sont multipliées les tombes monumentales, avec la représentation sculptée du défunt, couché, assis, debout, dormant, lisant, priant ou déclamant… Aussi le Père-Lachaise est-il non seulement un lieu de recueillement mais aussi un site à visiter. Ses allées ombragées ne sont pas tristes : le mot "cimetière" signifie à l'origine "lieu où l'on dort". Il suffit de respecter le calme. D'ailleurs, les vivants y sont bien plus nombreux que les morts : un million de défunts pour deux millions de visiteurs par an !
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